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Le nord du Pérou Version imprimable
Ecrit par Stéphane   
02-08-2008

Les murs en adobe de Chan ChanNotre course vers le nord nous fait passer par la capitale. Mais nous nous réservons la visite de Lima pour la fin de notre voyage et sautons un bus de nuit à destination de Trujillo. A l’heure de l’embarquement, nous pourrions presque croire que c’est en avion que nous allons voyager. Enregistrement des bagages, puis contrôle aux rayons X de ce que nous emmenons « en cabine », c’est plutôt surprenant. Le soleil vient de se lever lorsque nous arrivons à Trujillo et la ville dort toujours. Malgré un voyage très confortable, nous ne pétons pas le feu et cette première journée est plutôt tranquille. Un repos bienvenu, puisque bien des visites nous attendent.

Le paysage autour de Trujillo est aride. Malgré cela, les fleuves descendant des Andes créent ici et là des oasis et la région a vu défiler bon nombre de civilisations, royaumes et autres empires. C’est la magnifique vallée Moche (à prononcer Motché) qui amène la vie à Trujillo, et il en va ainsi depuis des siècles. Les environs de la ville en témoignent. Un peu au nord se trouvent les monumentaux vestiges de ce qui fut la plus grande agglomération en adobe du monde, les ruines de Chan Chan. Le collectivo qui nous y emmène nous dépose au bord de la Panamericana, où attendent bien entendu des chauffeurs de taxi qui, pour à peine le salaire mensuel d’un ouvrier honnête, vous offrent de couvrir le bon kilomètre qui vous sépare encore du site à proprement parler !Poterie Chimu Inutile de dire que nous nous engageons à pied sur le chemin, pour être rapidement pris par un pickup d’archéologues se rendant au travail. Mis à part le fait qu’ils nous oublient sur le pont et nous déposent à l’opposé de l’entrée, nous sommes rapidement sur place, ce qui n’est pas un luxe par une telle température. Le site a été restauré, mais manque d’explication. Ce n’est sûrement pas un hasard lorsque l’on voit l’essaim de guides qui orbite autour de l’entrée principale. Nous en engageons un, ce qui s’avère être un excellent choix. Il nous apprend quantité de chose, la principale étant certainement que nous visitons ce qui fut jadis la capitale du royaume Chimu, que les Incas conquirent vers 1470. Les murs monochromes de la citadelle, souvent décorés de dessins animaliers, réverbèrent la chaleur et accentuent la sensation de visiter un four. Il faut dire que, comme souvent, nous faisons notre visite durant les heures les plus chaudes de la journée. Nous terminons notre visite par le petit musée adjacent, et je ne sais pas si c’est sa fraicheur ou ses pièces exposées que j’apprécie le plus.

Les prédécesseurs des Chimu furent les Moche, et leurs traces sont aussi très spectaculaires. Le collectivo nous conduit cette fois au sud de la ville, et nous dépose à l’entrée de la Huaca de la Luna, dans un paysage plutôt désertique. Nous sommes accueillis par un drôle de chien, aux allures de gros rat noir. Sa peau noire n’est recouverte que par trois ou quatre poils au cm2  et sa température corporelle élevée en a fait la bouillote locale depuis des temps immémoriaux. La Huaca de la Luna est encore en excavation, alors que sa voisine la Huaca del Sol n’est toujours en apparence qu’un gros monticule de boue séchée. Mais l’intérieur recèle de trésors de la civilisation Moche. Il semble que cette dernière suivait des cycles d’environ 80 ans, car la Huaca n’est faite que d’étages comblés construits sur des étages comblés. Cette façon de procéder a eu pour effet de protéger les somptueuses peintures murales des pièces que l’on peut encore admirer aujourd’hui.

Poursuivant notre route vers le nord sur la Panamericana, nous faisons halte dans un charmant petit village de pêcheurs du nom de Pacasmayo. La jetée et le bord de mer résument nos découvertes d’une après-midi qu’une mauvaise nuit rendra unique. En effet, les petits villages côtiers péruviens ne débordent pas d’animations le week-end, ce qui nous pousse à reprendre la route le lendemain vers Chiclayo, dont les environs regorgent de perles archéologiques. Une des plus incroyable découverte faite au Pérou le fut près du village de Sipan. Ce qui ressemble de prime abord à des monts de boue séchée sont en fait les ruines de pyramide tronquée dans lesquelles furent découvertes quantité de tombe de seigneurs Moche. Malgré le passage de huaqueros, les pilleurs de tombes, le butin reste quand même incroyable. Si le site en lui-même nous met juste l’eau à la bouche, le musée nous en met plein la vue. Les pièces que nous y admirons sont de loin les plus belles que nous ayons vues jusque là, et je n’en ressors que plus frustré de l’interdiction, bien normale, de photographier ! De la tombe principale, celle du Seigneur de Sipan et reconstituée dans le musée, sont ressortis de prodigieuses collections d’objets précieux : boucles d’oreilles en or incrustées de turquoise, étendards métalliques, masques et couronnes en or, ou encore leurs drôles de pince-nez qui cachaient la bouche, en or bien évidemment. Le spectacle est à couper le souffle.

La suite du voyage doit nous emmener aux portes de la forêt amazonienne. Nous devons pour cela traverser les Andes. Nous avons réservé des places dans un bus qui part en fin d’après-midi. Comme d’habitude lorsque l’on voyage de nuit, on nous sert à manger avant de passer un film, le plus souvent de grands moments de cinéma avec Jean-Claude Vandamme ou Steven Segal. Je préfère donc plutôt fermer les yeux et tenter de dormir. Mais pour ce voyage en direction de Tarapoto, je suis assez vite tiré des bras de Morphée pour m’apercevoir que nous sommes arrêtés dans un col en pleine nuit. Nous sommes dans une longue file de bus et de camion que des gens poussent tant bien que mal. C’est en descendant du bus que je comprends pourquoi. Une coulée de boue a recouvert la route, la rendant à peu près aussi glissante que si elle était enneigée. Je manque d’ailleurs de peu de m’étaler. Un camion-citerne qui essaie de descendre nous croise au pas avant de se mettre en travers pour finir sa course dans le fossé, côté montagne, heureusement pour lui. L’autre côté, le notre, est un ravin du fond duquel je n’ai aucun mal à apercevoir les caisses en sapin qui nous attendent. Je réveille rapidement mes anges-gardiens. Ce n’est pas le moment de dormir, j’ai bien l’impression que je vais avoir besoin de leurs services. Lorsque notre tour d’avancer arrive, le bus se cabre, part en travers et je vois le ravin se rapprocher dangereusement. Des gens descendu du bus s’arc-boutent tant bien que mal et maintiennent l’engin sur la route. Après un peu plus de trois heures, nous sommes de l’autre côté de la coulée et pouvons continuer notre route. Mais le périple ne s’arrête pas là. Au lever du jour, ou plutôt  lorsque le ciel bas et gris s’illumine quelque peu, nous sommes victimes d’une avarie mécanique. Avec tout ça, nous n’arrivons que dans l’après-midi à Tarapoto, après plus de 19 heures de voyage !

Tarapoto est un peu la frontière entre deux mondes, là où les derniers contreforts des Andes rencontrent la forêt vierge. L’humidité de l’air est à son maximum. De l’Amazonie nous aurons un petit avant gout avec un tour en pirogue sur la Laguna Sauce, et une petite balade vers la jolie chute de Ahuashiyacu. L’envie de pousser jusqu’à Iquitos est bien là, mais il nous faudrait facilement deux semaines pour descendre l’Amazone en bateau – seule façon, outre l’avion, de voyager - jusqu’à Iquitos et revenir. Nous n’en avons ni le temps, ni les finances malheureusement. Mais cette mise en bouche ne peut que nous donner envie de revenir, et l’Amazonie vient s’ajouter à une liste déjà bien longue de projets.

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