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Esfahan Version imprimable
Ecrit par Stéphane   
06-06-2006
La perle de l'Iran

La mosquee de l'Imam de l'interieurLe trajet depuis Teheran est vraiment un plaisir, puisque j'opte pour le train. Il part vers 23 heures, et me laisse juste le temps de m'installer avant que mes yeux ne se ferment. Au reveil, le paysage est totalement different, puisque le jaune du desert domine. Il est a peine passe 7 heures du matin lorsque le taxi me depose sur la legendaire place de l'Imam. Tout est encore ferme, c'est pourquoi j'ai opte pour un lever de soleil sur une, si ce n'est la plus belle place du monde islamique. Je prends juste le temps de dejeuner et d'aller poser mon sac dans une chambre d'hotel, et me hate d'y retourner. Plus grande place fermee du monde, la place de l'Imam servait a l'epoque de terrain de polo, et on peut encore voir les poteaux en pierre marquant les buts de chaques cotes. Etant arrive a l'heure de la priere, je commence donc par la mosquee du Sheikh Lotfollah, qui n'est plus utilisee par les fideles. Situee sur le cote est de la place, son dome n'est pas du bleu traditionnel, mais plutot dans les tons jaunes-or. Apres avoir traverse le couloir menant sous la coupole, j'ai la chance de m'y retrouver seul. Je peux ainsi tester l'incroyable accoustique du monument. Un simple claquement d'un billet de 5000 RI se repercute presque une dizaine de fois. Au sud se trouve la merveilleuse mosquee de l'Imam, avec son splendide dome de fayences bleues. Alors que j'admire l'entree, un homme m'aborde. Il est bien entendu vendeur de tapis, mais il a surtout vecu quelques annees dans le canton de Neuchatel et parle un tres bon francais. Je vais tres volontier prendre le the dans son echope, ou je discute longuement avec lui et son associe, qui est marie a une japonaise. C'est tres interessant d'apprendre les meandres qu'il faut traverser pour se marier a un iranien. Et je ne parle pas seulement de la conversion a l'Islam. A ma sortie, j'echange quelques cours de francais contre une breve presentation de la mosquee de l'Imam avec un autre vendeur qui m'a entendu parler. Finalement, je penetre dans la lieu saint. Et la, je suis a la fois subjugue et decu. Subjugue la perfection de la construction, par les fautes de symetrie volontaires commises par l'architecte en signe d'humilite devant Allah, par l'accoustique incroyable et par la beaute de l'ensemble. Et decu par le fait que des baches sont tendues au-dessus de la place pour proteger les fideles lors de la priere, et qu'elle empeche de prendre de belles photos. Vraiment dommage, mais je pense que si j'etais musulman, je serais heureux de ne pas me faire rotir lors de la priere de midi.

Les magnifiques decorations de la mosquee du Sheikh LotfollahFaisant face a la mosquee du Sheikh Lotfollah, le palais d'Ali Qapu, ou porte d'Ali, etait sense etre l'entree grandiose sur la place. Sa visite ne m'a pas enormement marque, les fresques qu'il recele n'etant pas en tres bon etat. Mais par contre, la vue sur la place depuis sa terrasse couverte est grandiose, et me permet de prendre quelques jolies photos avant de me diriger tout a l'autre bout de la place, a la porte Qeysarieh, faisant face a la mosquee de l'Imam est marquant l'entree du bazar. On y trouve une jolie maison de the qui surplombe legerment la place et qui offre une vue splendide au couche du soleil. J'y retrouve mon ex-neuchatelois, et nous partageons quelques patisseries avec le the. C'est en fait mon premier moment de detente d'une journee bien remplie et tellement exaltante que je n'ai pas pense a m'arreter, ne serait-ce que pour manger quelque chose. Je suis d'ailleurs tellement sous le charme que je retourne sur la place de l'Imam une fois la nuit tombee. Cette derniere est remplie de famille venue manger sur un tapis dans l'herbe, et l'eclairage des monuments donne un aspect presque feerique a l'endroit.

Le palais de Chehel SotunEsfahan ne se resume pas a la seule place de l'Imam, mais est egalement  un des plus grand centre d'artisanat du pays. Le tour de la place de l'Imam, ainsi que la premiere partie du bazar, qui est surnommee "le bazar des touristes", regorgent de toute sorte de souvenirs. Les miniatures tiennent une part importante, et j'ai la chance de me faire emmener dans un ancien caravanserail un peu a l'ecart, dans lequel les artisans travaillent. La peinture de miniatures sur os de chameau se fait au moyen de pinceaux speciaux, fait de poils de chat. Les details sont vraiment incroyables, et les couleurs sont naturelles. L'or, melange a du safran, produit un effet superbe. L'impression textile est aussi une specialite de la ville, et le specialiste des specialistes se trouve dans ce caravanserail. C'est le sosie de Louis de Funes, et cela plus de 60 ans qu'il y travaille. La technique est tres ancienne, les couleurs la aussi sont naturelles, et la derniere etape du processus consiste a tremper les nappes et autres couvre-lits dans la Zayandeh, la riviere qui traverse la ville. Enjambee par 11 ponts, dont 6 sont recents, une promenade le long de ses berges amenagees est un regal. Il faut y prendre son temps, et je m'arrete devant le pont Chubi pour le dessiner, dans la maison de the du Si-o-se Pol pour me relaxer, et a chaque endroit qui me plait.

Autant dire que je suis tombe amoureux de cette ville. Je visite encore Manar Chomban, ou les minarets vaccillants, qui surmontent un mausolee. Personne ne soucie du nom de la personne enterree la, l'attraction vient du fait que lorsque l'on en secoue un de l'interieur avec vigueur, l'autre se met egalement en mouvement. De retour dans le bus bonde, je suis debout a la "frontiere" entre les hommes et les femmes, et plutot que de regarder des barbus devant moi, je prefere regarder les femmes a l'arriere. Ce n'est visiblement pas courant, a tel point que ma voisine directe me demande si la vue me plait. Ce a quoi je m'empresse de repondre par l'affirmative! Nous discutons le reste du trajet, et comme nous descendons au meme endroit, elle me demande si je suis interesse de sortir avec elle le soir meme. Quelle question! Naturellement que j'accepte, et nous nous retrouvons en fin d'apres-midi dans la cadre somptueux de la maison de the de l'hotel Abassi, un ancien caravanserail restaure. J'avoue que c'est la premiere fois que je peux discuter avec des femmes, puisque Vajihe, Vivi pour les intimes, arrive avec Maryam, une de ses amie, ce qui ne gache rien. Inutile de dire que je passe une soiree excise. Pour tous ces details, pour tout ce que cette ville m'a apporte, je songe serieusement a repasse par la lorsque je retournerais sur Teheran pour recupere mon visa turkmen...

 

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